En 2011, il faudra tourner les yeux dans les bonnes directions et éviter les impasses. Revue sélective des tendances de la prochaine année, histoire de bien finir celle-là.
Lire +Après 3 ou 4 jours de plongée dans la fiction du matin au soir, le retour à la réalité fut un peu raide… En Avignon, on a vécu beaucoup d’émotions, et on s’est posé beaucoup de questions. L’an dernier, c’était sur le thème des origines, de la terre, de la nationalité, de l’histoire individuelle au milieu de l’histoire des peuples. Cette année, sur les 13 pièces auxquelles nous avons assisté, plus de la moitié étaient des récits de vies sans Histoire, des « autofictions » comme on dit à la rentrée littéraire. Combien de « récits désopilants d’une enfance banale », de « tribulations d’un homme comme les autres balloté entre les femmes de sa vie », d’« histoires d’amour ordinaires », de « récits de l’intime » étaient au programme ? Est-ce la tendance de la création ou est-ce nous qui sommes allées surtout vers ces thèmes? L’amour, les relations familiales, le souvenir d’enfance, l’histoire personnelle : autant d’auteurs, autant d’acteurs, autant de regards et de créations uniques. Petit tour de nos 13 étapes en « Off ».
Le 14 avril dernier, le premier « praïme » de la Nouvelle Star a soulevé sur la sphère twitter française un débat de fond qui a duré plus de deux heures. Quelle était cette ombre furtive entrevue dans le décolleté de la présentatrice Virginie Guillhaume? Téton ou patéton ? Parce que si y’a téton, y’a faute de sein. Et là on ne rigole plus. Y’a faute de sein à la télé, et à une heure de grande écoute.

illustration pudique préliminaire à notre propos, mais après, y'a du téton, t'inquiète
La twittosphère a donc eu recours à l’arbitrage vidéo. Zooms, ralentis, théorie du micro cravate pinceur, téton jugé trop loucheur, thèses argumentées sur le baleinage du corsage et l’angle de projection du sein, affirmations définitives des spécialistes en hydraulique mammaire… Le consensus d’arbitrage est tombé. C’était bien un téton. Y’avait faute de sein, et l’affaire en est restée là (on n’allait quand même pas demander à rejouer le match).
La jurisprudence arbitrale est abondante, mais sujette à controverses. Le téton suffit-il à constituer la faute de sein ? Peut-il y avoir faute de sein sans téton ? Et enfin, pourquoi ? Mais POURQUOI ?
Les élèves d’aujourd’hui sont des digital native, ou natifs numériques. Le controversé Marc Prensky les a théorisés et décrits. Le digital nativ a une langue maternelle, le numérique. Le Digital Nativ pense hypertexte, interactivité, jeu. Il est connecté toute la journée : Facebook, téléphone portable, Google, les MP3, ordinateur.. C’est un peu sa maison. Il pratique intensément la sérendipité: le Digital Nativ est l’as du clic.
Nous pouvons donc légitimement penser qu’il maîtrise le web, qu’il a une conscience aiguë de son image, de son rapport « numérique » aux autres, qu’il contrôle les outils de SA génération.
Le jean troué, la veste en cuir poisseuse, il a l’haleine lourde d’alcool. Il râle, il gueule. « Vous branlez rien. J’suis pas d’Bordeaux moi, j’vous emmerde ».
Malaise dans la file. Insultes.
L’attente est longue, la file s’allonge et le guichet de la Poste ne désemplit pas.
C’est son tour.
« Yves J*****, je suis SDF, je suis au Samu Social. Combien j’ai sur mon compte ?
- 1 euros 30
- Bon, je les prends
- Non, Monsieur, je ne peux pas vous les donner, vous savez
- Non, j’sais pas
- Il faut un minimum sur le compte
soupirs »
En sortant, je me suis dit qu’il était bien le seul à donner son nom pour se présenter à un guichet de la Poste. Une seule chose lui appartient encore : son identité.
Lire +Dans les épisodes précédents de Ma Vie à Rome, le Pape se remet de sa chute en talons aiguilles. Dans le genre Louboutin, Louboutin. J’ai chopé la gale. Dans le genre VDM, VDM. Et j’ai déménagé de chez mes six colocataires gays. Dans le genre mémorables, mémorables. Aujourd’hui, j’ai grave besoin d’exutoirer. Alors quand j’ai besoin d’exutoirer, je lâche le scrapbooking pour mater des clips. Et Dieu sait qu’ils sont savoureux ici. Le choix a été ardu. J’ai donc décidé de m’appuyer sur une valeur sure : un triple disque d’or et platine cuvée fin 2009. J’ai nommé L’Amore si odia de Noemi.
Lire +Quand j’ai ouvert un compte sur Formspring (la nouvelle plate-forme sociale qui permet aux grands ado du 2.0 de jouer anonymement à action-vérité et à touche-pipi sans se faire attraper), voici la première question qui m’a été posée :
Pourquoi tous les blogs de filles glorifient la forme sans contenu ?
HAN. Il fallait lire : « prends ça dans tes dents, fille futile qui blogue des trucs creux comme toutes les autres ». J’ajouterais bien « et encore, quand j’ai le temps et le courage »… Pourtant la question est pertinente, en plus d’être joliment posée. Elle m’a rappelé les sujets piégés des épreuves de « GrandO » de Sciences Po. C’est parti pour une réponse argumentée, comme j’ai appris, en deux parties, deux sous-parties, deux soussouparties. Un peu de contenu et d’austérité, que diable.

Si j’ai atterri sur ce blog, c’est aussi pasque moi aussi, j’aime bien les mots. Et l’orthographe. Et la grammaire. Quand j’étais petit, je me souviens que j’aimais bien faire des dessins à côté de mes poésies et commencer les vers par des majuscules en rouge. Anyway. Je disais donc que j’aimais bien les mots. Mais de savoir d’où ils viennent, ça me procure des sensations plus extrêmes encore (m’enfin rien à voir avoir une douche Herbal Essence quand même).

Anyway, en Italie, si tu veux t’enduire d’italianitude de la racine jusqu’aux pointes, tu ne passeras pas une seule journée sans lancer un p’tit ciao, comme ça, à la volée (mais pas trop aux objets inanimés quand même). Le ciao, c’est le password par excellence. Quand t’entends un ciao, tu penses olives, Toscane, trattoria, limoncello, meurtre-perpétré-par-la-Camorra. Mais au fait, ça veut dire quoi ciao?
Samedi dernier, c’était la journée « entretien immédiat » à la BNP. De 9h30 à 16h30, on pouvait se rendre sans rendez-vous à l’agence Opéra pour un entretien d’embauche de 10 minutes. Comme chez le coiffeur.

Mais quelle aubaine, alors qu’il est si difficile au chômeur moyen d’obtenir un entretien, de pouvoir passer la porte sans formalité ! Avoir enfin une chance de se vendre, de gagner la place, la chaise, l’ordinateur, les objectifs, le bulletin de salaire, le CDI sans lesquels on n’est personne. Tu veux survivre ? Sois plus motivé que ton voisin, et vite: y’en aura pas pour tout le monde.
Samedi il faisait froid. France Inter a traité brièvement le sujet dans son journal de 19h. Devant l’agence Opéra, il y avait eu la queue toute la journée pour le speed recrutement. Un gros tas de jeunes « motivés » qui frottaient sans doute leurs paumes pour avoir au moment « M » la poignée de main chaleureuse qui ferait la différence. Les recruteurs, confortables, expliquaient très professionnellement qu’en 10 minutes, on sait tout de suite à qui on a affaire : c’est la motivation qui prime, disait l’un, on voit ça à « l’œil qui pétille ».
Lire +La sérendipité, c’est, paraît-il, l’art de trouver ce que l’on ne cherche pas.
Le concept est très à la mode, depuis que la dernière génération arrivée au boulot passe son temps à glander travailler sur Internet. La sérendipité, c’est tout ce qu’on a trouvé, quand on bosse dans « la-créa-de-la-com-du-ouaibe », pour expliquer à nos patrons que de regarder la vidéo d’un panda qui se brosse les dents n’est que l’étape d’un processus de recherche d’avant-garde et une nouvelle forme de professionnalisme.
Il y a la sérendipité qui nous inspire, et le « multi-tasking », qui nous permet, à nous les néo-humains de la génération Y, d’avoir cinq yeux : un pour la vidéo du panda en bas à gauche, un pour les notifs twitter en haut à droite, un pour les 3 fenêtres de tchat en bas, un sur la playlist qui joue dans le casque, et un dans le dos (au cas où N+1 arriverait, quand même).
J’ai voulu tester la sérendipité en vrai. Qu’est ce qu’on trouve quand on ne trouve pas ce que l’on cherche ?

La bonne pioche (métaphore)
Voici mon cas d’école (que les Dieux de l’hypertextuel soient avec moi) : je cherche l’origine de l’expression « ne pas assurer un cachou ». Et qu’est-ce que je trouve ?
Lire +Y’a des gens qui se demandent encore ce qui s’est exactement passé le 25 décembre 00, le 14 juillet 1789 ou le 8 mai 1945. On appelle ça des historiens. Y’a des gens qui se demandent encore ce qui s’est exactement passé le 11 septembre 2001. On appelle ça des crétins.

Vas-y, essaie à l’apéro, pour voir. T’amènes doucement le sujet, et tu lâches « perso, la version officielle, j’y crois moyen, l’avion sur le Pentagone on en a toujours pas vu la queue ». T’as pas le temps de faire deux phrases qu’on te dit « ben voyons, et tu crois que c’est qui? Le gouvernement américain, sans doute? ». Tu réponds « je sais pas, je ne crois rien, en tout cas pas la version officielle en l’état ». Entre deux chipster, te voilà la risée d’une horde de loups, victime crédule de la « théorie du complot », pressé de questions et sommé de te justifier, de PROUVER ce que t’avances, alors que ben non, ho, t’as rien avancé…
Où est la crédulité? Dans le fait de croire à un récit, ou dans le fait de l’interroger? Il faut sauter vite, vite, vite de la mise en doute à la théorie. Pas d’intermédiaire possible. Il ne faut pas douter, il faut « croire ». Qu’il est inconfortable, le fossé du doute… Qu’il est gênant… Qu’il est difficile d’accepter de ne pas savoir… Qu’il est tentant de vouloir retrouver la terre ferme… D’obliger chacun à choisir son camp entre les « lucides » et les « conspirationnistes »… entre le bon sens et la « théorie du complot ».
And today les2nouilles are veeeery pleased to introdiouce… La Farfalle ! Notre première guest-nouille vient d’arriver à Rome pour une année Erasmus et a accepté la mission délicate d’envoyé spécial au pays des nouilles. Il nous a promis des chroniques romaines régulières, relevées, juteuses, inutiles. Il est délicieux. Parmesan?
Donc en fait, tout a commencé le jour où je me suis dit que tiens et si j’allais voir du pays ? Mais genre un autre pays. Pasque bon voilà, quoi. Ça va un moment. En même temps, tu m’aurais dit « tu vas aller en Erasmus » il y a trois ans, je t’aurais répondu « Et mon sac de gym American Apparel, il est unisexe peut-être ? » Car oui, messieurs, ne faites pas l’erreur de vous munir d’un sac de gym American Apparel. C’est pour les filles, un point c’est tout. Nan, les deux du fond, on discute pas. J’ai dit.

Dont acte.
Et puis j’ai repensé à mon examinatrice du Bac. Elle m’avait même dit que j’avais un accent napolitain. Incroyable. Après, j’ai réalisé. T’imagines un Italien qui passe son oral de français et à qui on répond « Tu sais que t’as un accent de ch’ti ? » C’est encourageant mais un peu inquiétant. Étant donné que je n’ai aucune idée d’où j’ai pu choper l’accent de Naples (que tu peux voir et qu’après tu peux mourir pasque bah, tu l’as vu), je fais appel à vos briquets/allumettes/lance-flammes (rayer la mention inutile) pour éclairer ma lanterne.
Et puis j’ai beaucoup pensé. Je regardais ma fenêtre, en fumant une cigarette sur fond de musique un peu lancinante. Genre le soundtrack de quand t’as Allie qui se demande si elle doit rompre avec Matt dans Hartley Cœurs à Vif. J’ai pesé le pour et le contre dans mon journal intime. J’ai pensé à Matt. Et je me suis décidé. À partir. À Rome. Pour un an.
Lire +
Vous souvenez-vous du « Bled », instrument de torture écolière du XXè siècle à couverture bleue et blanche? Des règles d’orthographe d’usage, de conjugaison, de grammaire, une couverture rigide imputrescible, du papier rêche et des exercices à trous (les trous de gomme des précédents locataires qui avaient fait les exercices direct sur le livre, les vilains).

"Ouvrage couronné par l'Académie Française"
En insupportable bonne élève, j’adorais « faire du Bled ». Camille la geekette nostalgique m’a retrouvé sur Ebay celui de mon CM2. J’inaugure ici une rubrique qui ne reviendra peut être jamais, spécialement dédiée aux fautes d’usage qui m’énervent – vous aurez tout loisir de relever les miennes en commentaires « tananère ».
Aujourd’hui, nous traiterons ensemble de l’usage de l’adjectif « virtuel ».
Dernièrement, en évoquant ce blog, twitter et les rencontres qu’ils ont permises, j’ai entendu pas mal de phrases du même tonneau que celle-ci:
Non mais attends, atterris! Tout ça, ça se passe dans un ordinateur, avec des gens que tu connais pas, que as jamais VUS en VRAI. Tout ça, c’est du virtuel.
Ca m’énerve. Doutez de mon équilibre psychologique autant que vous voudrez, mais par pitié, faites-le dans le respect de la langue française.
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Aujourd’hui, la blogosphère célèbre ses voisins, c’est le blog day « jour dédié à la découverte d’autres blogueurs ». Les2nouilles se joignent à cette cérémonie de groupe, à cette effusion d’amour et entrent dans la danse de liens. Et là, on a 5 coups de coeur, découverts depuis ce matin (soit par l’une, soit par l’autre).

Blog Day 09 : les 5 des 2 nouilles
**Abstrait#Concret, le blog de Loic H.Rechi, une plume comme on l’aime et des sujets qu’on aime aussi (les filles en petite culotte, les nerds, le football)
**Girls and geek, le blog de Titiou Lecoq : parce qu’entre son chat et son ordi, en cas d’incendie majeur, elle choisit son ordi. Et aussi pour son guide des chiottes, un petit bonheur sur la lunette
**Il parait que, le blog de « On sait pas, on imagine, on vérifie pas, on dit n’importe quoi. On a une chance sur un million d’avoir raison. Ou peut-être même pas. » De la haute philosophie qui nous ravit
**Jean Paul Cuir, une sorte d’ovni photographique en sepia / couleurs passées, un bonheur des yeux
**Dr Slurp, LE blogueur homme culinaire (dans ce monde de femmes), philosophe du glouglou et du miammiam, une découverte dédicacée à Papilles et Pupilles, notre chef es petite cuillère
Et c’est promis, on travaille à une vraie blogroll liste classée avec une vraie sélection de liens parce que 5 liens, c’est un peu court
Peut-être est-il temps de paniquer affirme Bernard Poulet dans son livre « « La fin des Journaux et l’avenir de l’information », publié chez Gallimard (janvier 2009). Les journaux licencient de plus en plus, perdent davantage d’argent chaque jour, le lectorat s’amenuise, les investissements publicitaires diminuent (le nombre de publicités dans la presse a chuté de 32,5% ces 10 dernières années) : le bilan est plus que morose. Bernard Poulet qualifie la presse de « grand corps malade ».

Quelle information est aujourd’hui proposée au lecteur ? Que devient le métier de journaliste ? Quels sont les modèles économiques viables pour un journal et pour un site d’information ? Quel est le pouvoir des médias ? Autant de questions passionnantes auxquelles Bernard Poulet tente de répondre.
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à vous la passerole