Y’a des gens qui se demandent encore ce qui s’est exactement passé le 25 décembre 00, le 14 juillet 1789 ou le 8 mai 1945. On appelle ça des historiens. Y’a des gens qui se demandent encore ce qui s’est exactement passé le 11 septembre 2001. On appelle ça des crétins.
Vas-y, essaie à l’apéro, pour voir. T’amènes doucement le sujet, et tu lâches « perso, la version officielle, j’y crois moyen, l’avion sur le Pentagone on en a toujours pas vu la queue ». T’as pas le temps de faire deux phrases qu’on te dit « ben voyons, et tu crois que c’est qui? Le gouvernement américain, sans doute? ». Tu réponds « je sais pas, je ne crois rien, en tout cas pas la version officielle en l’état ». Entre deux chipster, te voilà la risée d’une horde de loups, victime crédule de la « théorie du complot », pressé de questions et sommé de te justifier, de PROUVER ce que t’avances, alors que ben non, ho, t’as rien avancé…
Où est la crédulité? Dans le fait de croire à un récit, ou dans le fait de l’interroger? Il faut sauter vite, vite, vite de la mise en doute à la théorie. Pas d’intermédiaire possible. Il ne faut pas douter, il faut « croire ». Qu’il est inconfortable, le fossé du doute… Qu’il est gênant… Qu’il est difficile d’accepter de ne pas savoir… Qu’il est tentant de vouloir retrouver la terre ferme… D’obliger chacun à choisir son camp entre les « lucides » et les « conspirationnistes »… entre le bon sens et la « théorie du complot ».
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à vous la passerole