[Streetrevue #13]
A Angoulême, les dessinateurs ont envahi la ville : Lucky Luke se marre à la fenêtre, Gaston Lagaffe fait … une gaffe, Boule et Bill font de la balançoire… Les fresques murales géantes et « murs peints » habillent un peu partout la ville et c’est drôlement accueillant.
Je profite du rituel « la journée A/R au festival d’Angoulême » pour une revue qui sort des cases.
J’ai toujours entendu dire que l’on connaît une personne en ouvrant son frigo. Pour Mme Partensky, professeur de littérature comparée, on connaît une personne en parcourant sa bibliothèque.
J’aimais beaucoup les cours de Mme Partensky.
Et Mme Partensky.
Depuis, je range ma bibliothèque pour lui faire raconter des histoires.
[StreetRevue #6]
Quand est-ce qu’il/elle l’a collé ? C’était un matin ? Un mardi peut-être ? Un dimanche, il doit y avoir moins de monde. Genre à 7h30.
Il ne devait pas pleuvoir, ça ne doit pas être commode sous la pluie.
Il a pris un escabeau là, c’est pas possible.
Elle se balade donc avec une craie dans la poche. Ça ferait pas des tâches la craie ?
Un homme, que je qualifierais d’intelligent m’a dit : « il faut que tu lises ce bouquin, il est interactif, y’a des codes dedans, tu vas voir, c’est incroyable ». Visiblement, cet homme n’a pas lu le bouquin. Mais il a su me le vendre.
J’ai donc lu les aventures de l’agent Steve Dark au prise avec le terrible tueur hyper violent genre « Seven » en pire : Sqweegel. Les bonheurs de la lecture font que certains mots ne sont pas à prononcer. Squouigueule (je le dis comme ça moi) est un tueur de niveau 26 : il s’enduit de beurre pour se fondre dans sa combinaison de latex blanc avec fermeture éclair sur la bouche. Nu. Il tue. Je crois qu’il a un problème avec sa maman.
Si quelqu’un pense lire le bouquin, qu’il quitte maintenant les2nouilles, je vais dévoiler des bouts de l’histoire.
A l’improviste, il trébuche et tombe pesamment.
« A nous deux, cette fois, mon ami! »
Mais il s’agit d’un truc, dès que Jenifer se découvre pour s’approcher…
L’homme tire… La balle ne la blesse pas heureusement, mais elle l’a désarmé…
« Ah! quelle déveine
-Tu es fichue, idiote! »
Jenifer est espionne et blonde, elle a un prénom américain et elle va tuer ce méchant monsieur qui la traite d’idiote.
Jenifer est l’héroïne d’un roman photo de janvier 1975, Requiem pour un espion, publié par Edital. Comme quasiment tous les acteurs de roman photo, elle est italienne, elle est belle, elle a des beaux seins et peut-être un beau derrière, mais on ne le voit pas assez souvent pour en juger. Elle est une star, un peu comme Gina Lolobridgida, première héroïne du premier roman photo paru en France : « Au fond du Coeur », 1949.
En 1875, Alfred-Louis Auguste Franklin, historien de la ville de Paris, imaginait sa découverte archéologique en 4908, longtemps après un cataclysme. La Marine Impériale Calédonienne est la première à aborder les côtes de ce qui fut autrefois la France. Ce petit morceau m’a particulièrement fait sourire: si les paysages ont changé, les indigènes sont restés les mêmes. Les mêmes qu’en 1875… et les mêmes qu’en 2010.
Les natures modestes rêvent de posséder une humble position publique, qui leur livre au moins quelques subalternes à régenter; mais tous, même les plus misérables et les plus ignorants, se croient parfaitement aptes à régir la tribu, parlent à tort et à travers des affaires de la cité, émettent des idées, des théories, des principes aussi insensés que disparates, et, ne les voyant pas adoptés, vivent dans un perpétuel état de mécontentement politique, qui, du reste, n’enlève rien à leur bonne humeur.
Ca s’appelle « Les ruines de Paris en 4908″.
Si vous avez envie de lire le reste, tout aussi savoureux et plein de finesse, vous pouvez le demander à votre libraire chéri, ou bien ou le tromper honteusement en commandant directement auprès du diffuseur préféré de l’Arbre Vengeur – l’éditeur qui cache la forêt et qui exhume tellement de petits trésors qu’à la fin, c’en est énervant.
Les volets sont souvent autour des fenêtres, dehors, collés au mur. Ils peuvent aussi être à l’intérieur de la maison ou de l’appartement. Il existe des persiennes, des volets roulants, des volets d’intérieur, des volets électriques, des volets battants, des jalousies, des volets en plastique, des volets coulissants.
Ils protègent de la lumière, de la chaleur, du froid, ils nous cachent, ils nous dissimulent, ils nous isolent, ils font de l’ombre. Ils coulissent, ils se plient, ils se rabattent, ils claquent dans le vent, ils s’enroulent, ils se déroulent.
Aujourd’hui, Valéry Giscard d’Estaing a changé ma vie, il m’a donné la solution au grand problème du :
« comment lancer son nouveau bouquin quand tout le monde s’en contrefout du coquillage?? » Dire que tu as couché avec Lady Di.
Alors chers pubards, chers éditeurs, n’hésitez plus :
Pour lancer un nouveau produit ? Trop facile la réclame :
Y’a des gens qui se demandent encore ce qui s’est exactement passé le 25 décembre 00, le 14 juillet 1789 ou le 8 mai 1945. On appelle ça des historiens. Y’a des gens qui se demandent encore ce qui s’est exactement passé le 11 septembre 2001. On appelle ça des crétins.
Vas-y, essaie à l’apéro, pour voir. T’amènes doucement le sujet, et tu lâches « perso, la version officielle, j’y crois moyen, l’avion sur le Pentagone on en a toujours pas vu la queue ». T’as pas le temps de faire deux phrases qu’on te dit « ben voyons, et tu crois que c’est qui? Le gouvernement américain, sans doute? ». Tu réponds « je sais pas, je ne crois rien, en tout cas pas la version officielle en l’état ». Entre deux chipster, te voilà la risée d’une horde de loups, victime crédule de la « théorie du complot », pressé de questions et sommé de te justifier, de PROUVER ce que t’avances, alors que ben non, ho, t’as rien avancé… Où est la crédulité? Dans le fait de croire à un récit, ou dans le fait de l’interroger? Il faut sauter vite, vite, vite de la mise en doute à la théorie. Pas d’intermédiaire possible. Il ne faut pas douter, il faut « croire ». Qu’il est inconfortable, le fossé du doute… Qu’il est gênant… Qu’il est difficile d’accepter de ne pas savoir… Qu’il est tentant de vouloir retrouver la terre ferme… D’obliger chacun à choisir son camp entre les « lucides » et les « conspirationnistes »… entre le bon sens et la « théorie du complot ».
Aujourd’hui, la blogosphère célèbre ses voisins, c’est le blog day « jour dédié à la découverte d’autres blogueurs ». Les2nouilles se joignent à cette cérémonie de groupe, à cette effusion d’amour et entrent dans la danse de liens. Et là, on a 5 coups de coeur, découverts depuis ce matin (soit par l’une, soit par l’autre).
Blog Day 09 : les 5 des 2 nouilles
**Abstrait#Concret, le blog de Loic H.Rechi, une plume comme on l’aime et des sujets qu’on aime aussi (les filles en petite culotte, les nerds, le football)
**Girls and geek, le blog de Titiou Lecoq : parce qu’entre son chat et son ordi, en cas d’incendie majeur, elle choisit son ordi. Et aussi pour son guide des chiottes, un petit bonheur sur la lunette
**Il parait que, le blog de « On sait pas, on imagine, on vérifie pas, on dit n’importe quoi. On a une chance sur un million d’avoir raison. Ou peut-être même pas. » De la haute philosophie qui nous ravit
**Jean Paul Cuir, une sorte d’ovni photographique en sepia / couleurs passées, un bonheur des yeux
**Dr Slurp, LE blogueur homme culinaire (dans ce monde de femmes), philosophe du glouglou et du miammiam, une découverte dédicacée à Papilles et Pupilles, notre chef es petite cuillère
Et c’est promis, on travaille à une vraie blogroll liste classée avec une vraie sélection de liens parce que 5 liens, c’est un peu court
D’habitude, j’aime bien recevoir Elle le samedi. Comme tout plein de françaises, ma mère était abonnée, j’y ai pris des des habitudes de petite fille, puis des petites habitudes de fille. Futile.
Le dernier numéro tombé dans ma boîte aux lettres m’a tout de suite déplu: Cameron Diaz en couverture, vu ma tête, franchement, c’était pas la peine. Je l’ai ouvert quand même. Le gros dossier de la semaine, c’est le « spécial enfants » qui précède la rentrée et qui fait comme ça:
J’ai feuilleté comme si j’avais rien vu, pour aller direct à mon horoscope préféré en 3 chances: numérologie, astro solaire, astro lunaire, si tu perds au grattage, tu peux toujours t’accrocher au tirage… Hé ben la prochaine n’est pas encore ma semaine, et au cube, s’il vous plaît. Soignons-nous en nous régalant du malheur des autres, grâce au croustillant témoignage de « c’est mon histoire », version papier et bien-pensante de « confessions intimes ». Damned. Un type parfait raconte comment il est tombé amoureux des enfants de sa nana avant de recomposer la famille Ricoré… Mais pitié, ça suffit, bon sang!
Alors comme ça ma vie n’est pas rose? Hé bien soit. Attaquons le dossier « et en plus, tu es une mauvaise mère ». Je ne l’ai pas lu, je vais le faire avec vous, si tu veux bien continuer avec moi, ça m’aidera à me sentir moins seule.
La lecture bihebdomadaire de la publicité est typiquement le genre de petit plaisir -très provincial, sans doute- auquel il est difficile de renoncer.
Bah oui, monsieur Potet, en province, on n’a pas de livre alors on prend les prospectus de Leader Price ou Leclerc pour s’exercer à la lecture. C’est vrai que, chaque matin, j’attends avec une impatience incommensurable que le facteur passe pour me lancer dans une lecture passionnée des promos du supermarché du coin. Il y a des images alors je saisis mieux le message. Et puis, comme on n’a pas l’électricité, on les lit en journée.
La culture n’existe qu’à Paris. Les provinciaux, eux, lisent les prospectus, ils ont un QI inférieur à la moyenne de la capitale.
Peut-être est-il temps de paniquer affirme Bernard Poulet dans son livre « « La fin des Journaux et l’avenir de l’information », publié chez Gallimard (janvier 2009). Les journaux licencient de plus en plus, perdent davantage d’argent chaque jour, le lectorat s’amenuise, les investissements publicitaires diminuent (le nombre de publicités dans la presse a chuté de 32,5% ces 10 dernières années) : le bilan est plus que morose. Bernard Poulet qualifie la presse de « grand corps malade ».
Quelle information est aujourd’hui proposée au lecteur ? Que devient le métier de journaliste ? Quels sont les modèles économiques viables pour un journal et pour un site d’information ? Quel est le pouvoir des médias ? Autant de questions passionnantes auxquelles Bernard Poulet tente de répondre.
Failli avaler mon café de travers ce matin en apprenant qu’une landaise de 49 ans, Dominique Broueilh, allait passer sa journée avec la brigade de répression de la délinquance… pour avoir laissé un commentaire sur Dailymotion.
Une petite annonce pour vendre des produits radio-actifs? Une incitation au suicide auprès de jeunes adolescents? Un commentaire à la fois rasciste, homophobe et antisémite? Un appel au terrorisme organisé? Les plans détaillés d’un sous-marin nucléaire?
Cette vidéo a été réalisé par Ian Hutchinson, un américain en Allemagne. Ian s’est spécialisé dans l’after effects et il a fait le film « Scratch Page ».
Le personnage, le cartoon, est prisonnier de la page et de l’imaginaire de son créateur jusqu’à sa rencontre avec sa version brouillon, le scratch. L’image de la page comme 4 murs d’une prison est d’ailleurs très belle. Puis le cartoon est projeté dans un autre monde, le nôtre, celui de la réalité, hors de la page et il devient libre. C’est alors que notre imaginaire va le poursuivre.
à vous la passerole