Le visible invisible. Un mouvement immobile. Une œuvre en évolution qui ne change pas.
Du Samuel Beckett sur un mur.
Mon cher Malone n’est plus très loin.
J’ai toujours entendu dire que l’on connaît une personne en ouvrant son frigo. Pour Mme Partensky, professeur de littérature comparée, on connaît une personne en parcourant sa bibliothèque.
J’aimais beaucoup les cours de Mme Partensky.
Et Mme Partensky.
Depuis, je range ma bibliothèque pour lui faire raconter des histoires.
[StreetRevue #6]
Quand est-ce qu’il/elle l’a collé ? C’était un matin ? Un mardi peut-être ? Un dimanche, il doit y avoir moins de monde. Genre à 7h30.
Il ne devait pas pleuvoir, ça ne doit pas être commode sous la pluie.
Il a pris un escabeau là, c’est pas possible.
Elle se balade donc avec une craie dans la poche. Ça ferait pas des tâches la craie ?
Un trajet Aéroport – Centre Ville – Aéroport est un voyage dans le voyage, un aller-retour 2, au carré. Le mieux, c’est quand Aéroport et Centre ville sont chacun des terminus. Ça pose, deux, là. J’aime. Un trajet qui sonne en écho à quelques jours d’intervalle. Même si l’itinéraire ou le mode de transport est différent, c’est un moment / trajet qui existe précisément par rapport à un autre. Une sorte de théorème urbain de la boucle.
A l’aller, je viens d’arriver.
Au retour, je suis sur le départ.
En hongrois, ça fait : « boldog karácsonyt » (je sais pas si l’exclamation existe en hongrois)
Et en normand : « euuh làh, el bon nouyel ! » (là, oui, y’a exclamation et en général, elle roule des yeux)
« Sara perche ti amo », « Sei l’amore della mia vita », « Sei tutto per me », « Il mio cuore è a te » et le fameux « Ti amo »… Ça, c’est l’amour en Italien. En Italie du Sud, ils ont plus que des chansons d’amour aux regards brûlant d’intensité, ils ont aussi leur ville. Murs, poteaux, wagons, statues, barrières, chaises, panneaux, trottoirs : l’amour se déclare partout.
58 vaches débarquent dans la ville de Bordeaux : la Cow Parade démarre pour 13 semaines de balade champêtre et bucolique.
Cela fait plusieurs semaines que des artistes bordelais travaillent secrètement sur leur vache. Impossible de pénétrer dans cet enclos, domaine privé. Cachées dans les ateliers prêtés par la ville (une vache en taille réelle et de 80 kilos, ça ne monte pas facilement 2 étages et ça ne se case pas vraiment derrière ton canapé), les vaches se sont faites rhabiller, découper, peindre, percer, poncer, lustrer, maquiller, vernir pour enfin rencontrer les bordelais du 7 juin au 14 septembre. Ce soir, c’était leur première sortie : vernissage sous le soleil sur les quais de Brazza.
Cela fait quelques semaines que j’utilise foursquare, le réseau de géolocalisation social qui fait bien du bruit : plus de 100 000 nouveaux utilisateurs inscrits pour la semaine du 10 au 17 mars. C’est ludique et facile : je me checkin grâce à l’appli, je deviens « mayor » d’un endroit, je gagne des badges assez loufoques pour certains (le « school night » : checkin après 3 heures du matin en semaine) et je peux même laisser des commentaires pour suggérer à mes amis d’aller à un endroit.
Les solutions marketing sont en train de naître et ont été bien décrites par Grégory dans sa présentation « Foursquare, quels usages business? ». Le marketing va entrer dans l’hyper-local, c’est chouette, c’est plein de promesses, j’aime bien. Néanmoins, je me pose des questions : jusqu’où suis-je prête à informer mes « amis » de mes faits et gestes ? Est-ce que j’accepte toutes les demandes d’amis ? Quel est l’intérêt pour une personne vivant à Lille de savoir que je suis en terrasse place Pey Berland ?
Elle est là, juste à gauche en entrant. Elle nous regarde tranquillement, avec ses boutons rose et violet, ses pièces de « 1 francs » à insérer et son grand écran noir. Le joystick à l’air. Quand j’arrive le matin au boulot, je la vois, ça me fait plaisir, je lui claquerais pas la bise mais franchement, j’ai souvent rêvé d’elle petite. Alors, la voir en vrai, comme ça, ça fait pétiller le souvenir.
On aime bien se mettre devant, on s’y retrouve souvent accroupi à feuilleter les disques, à échanger des regards complices, à s’esclaffer. On danse, on dodeline de la colonne, on fredonne, on a la tête qui penche. La platine, c’est comme un autel en hommage aux vieilles choses. Le son crépite, les pochettes de disques sont toutes écornées, scotchées, jaunies, couvertes d’écritures.
Aujourd’hui, j’ai eu mon premier cours de Tecniche della comunicazione pubblicitaria. C’est une espèce d’étude de tout ce qui se fait en publicité mais avec des chaises en bois et une pornostar en guise de professeur. Voilà.
Besoin d'un cours particulier de Genèse ?
Le cours commence à 17 heures. 17h10 : personne. 17h20 : méga tumbleweed qui passe entre les tables (mais sans l’harmonica en soundtrack). 17h30 : stop the breakdown, on rigole plus. Nous arrive de nulle part, chemisier ouvert, montre à strass et stilettos totalitaires, une pornostar dans le genre seconde moitié de la période rose de Marc Dorcel. Et là, c’est le « wouaaah » collectif qui l’emporte (le genre de « wouaaah » qui, malgré la barrière des langues, est traduisible dans toutes les langues). On embraie direct sur le premier chapitre. Deux points, à la ligne, on souligne les titres : la copy strategy. Bim dans ta gueule.
Je rappelle, pour situer les choses, que mon université est un établissement catholique créé par une religieuse catholique qui avait pour dessein catholique de dispenser la pensée catholique à des catholiques catholiques.
à vous la passerole