— LES2NOUILLES

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Tag "amour"

[StreetRevue #5]
Dans les années 90, le Kriss-Kross mettait son blue-jeans à l’envers. C’était pleinement conscient, hyper marketé et, on peut le dire, assez stupide.
Aujourd’hui, sur les murs, il y a ceux qui font et il y a ceux qui défont. Les effaceurs. La brigade « Anti ». Ils arrachent, karchérisent, grattent, recouvrent, repeignent. Et, à force de supprimer, ils révèlent de nouvelles formes, de nouvelles couleurs, dessinent de nouvelles œuvres. Dans ce palimpseste perpétuel, c’est une œuvre en creux qui se dessine, une version en négatif, en contraste inversé. Du « reverse » comme y disent les Américains. Ça fait plusieurs semaines que mon regard s’attarde sur ces tableaux et que je me régale avec ces tags à l’envers.

Street Art Bordeaux Reverse Graffiti

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On appelle cette région « les skyblogs ». Un continent noir, très peu cartographié, peuplé de pygmées aux mœurs primitives. Ils seraient plus de 5 millions (mais personne n’en est certain car leur administration a la particularité de recenser les tombes). Leurs dieux ont pour nom Zac Efron, Justin Bieber, Shakira. Leur devise « click sur les kiffs c’est rendu »  est l’équivalent de notre « liberté, égalité, fraternité ».

Les skybloggers sont tolérés en visite dans d’autres régions du web, car ils en divertissent les bourgeois. On s’échange de bonnes blagues à propos de leur physique difficile, de leurs peintures corporelles hésitantes, du soin accordé à leurs coiffes, de leur goût pour les fresques tape-à-l’œil, et surtout de leur patois rudimentaire dérivé du franglais, riche en idéogrammes anthropomorphes destinés à exprimer les émotions. Tout comme les Grecs ont autrefois appelé « barbares » ceux dont ils ne comprenaient pas la langue, leur babil a produit le surnom de «kikoolol ». (ex : « toi le kikoolol, dégage de mon twitter, ici c’est pour les grands »).

Au Kikoololistan, comme dans toute société primitive, les contes, légendes et superstitions sont au cœur de la vie sociale. De nombreux bardes femelles (plus rarement des mâles) déploient tout leur talent dans l’écriture de récits épiques à la gloire du Dieu des Dieux, du Jupiter du Brushing, de l’Huitzilopochtli du Labello : Justin Bieber. J’ai passé un week-end dans les chroniques mythologiques de cet autre monde. Et j’ai voyagé, oh. Ça oui.

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Dans la ville, les yeux en l’air, les murs m’amusent. Mon regard traîne et cherche. Pochoir, marouflage, sticker, graff, tag, installation : la ville est un grand espace de jeu. Je ne vois pas de dégradation ou de pollution dans ces interventions urbaines mais bien plutôt une réelle proposition éditoriale au sein d’un territoire.

Sélection de quelques unes de mes trouvailles de ces dernières semaines dans les rues bordelaises.
(photos réalisées à l’aide d’un appareil intégré dans un téléphone mobile sans fil, pas HD)

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« Sara perche ti amo », « Sei l’amore della mia vita », « Sei tutto per me », « Il mio cuore è a te » et le fameux « Ti amo »… Ça, c’est l’amour en Italien. En Italie du Sud, ils ont plus que des chansons d’amour aux regards brûlant d’intensité, ils ont aussi leur ville. Murs, poteaux, wagons, statues, barrières, chaises, panneaux, trottoirs : l’amour se déclare partout.

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Rentrer dans la Base sous-marine me provoque toujours un léger pincement. C’est tout gris, tout en béton, les plafonds culminent à 19 mètres, l’eau y est dormeuse, opaque : ce lieu est vraiment à part. Cet immense bunker (42 000m2) construit par l’allemagne nazie, accueille aujourd’hui des expos. En ce moment, « 6 milliards d’autres » donne rendez-vous aux Bordelais. Une exposition dans laquelle le spectateur rencontre le monde, l’autre, l’ailleurs, l’autrement.

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Toutes les nouilles, dans un commun accord interne unanime et magistral, décernent leur Coquillette d’or du Festival Avignon Off 2010 à :

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L’autre soir, j’étais au Quai des Saveurs pour un atelier culinaire, le thème : l’agneau. « Agneau presto », ou comment cuisiner de l’agneau en 25min pour un dîner en tête à tête. Le challenge, apparemment, est réel : tu ne cuisines pas de l’agneau comme ça. Non-non-non-non, c’est Vincent qui l’a dit.

Vincent Poussard au Quai des Saveurs - Photo : Papilles et Pupilles

Un jour, j’ai raconté comment j’étais nulle en bricolage. Et bah, en cuisine, c’est pareil, voire pire. Ma mère ne m’a pas vraiment transmis la flamme (ou pas encore). Mon premier souci, c’est le vocabulaire : pour moi, lire une recette, c’est pire que déchiffrer une équation à 2 variables en japonais.

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Dans les épisodes précédents de Ma Vie à Rome, le Pape se remet de sa chute en talons aiguilles. Dans le genre Louboutin, Louboutin. J’ai chopé la gale. Dans le genre VDM, VDM. Et j’ai déménagé de chez mes six colocataires gays. Dans le genre mémorables, mémorables. Aujourd’hui, j’ai grave besoin d’exutoirer. Alors quand j’ai besoin d’exutoirer, je lâche le scrapbooking pour mater des clips. Et Dieu sait qu’ils sont savoureux ici. Le choix a été ardu. J’ai donc décidé de m’appuyer sur une valeur sure : un triple disque d’or et platine cuvée fin 2009. J’ai nommé L’Amore si odia de Noemi.

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Ce matin, je suis arrivée en retard au travail. J’ai écouté jusqu’au bout le reportage de Frédéric Pommier sur France Inter à 9h10 : il racontait l’intervention de Robert Ménard – ancien patron de Reporter Sans Frontières – à l’émission « Cactus » de Paris Première du 5 février à propos du dessin animé « Le baiser de la Lune« . Je suis partie en colère et indignée. Salie par des propos trop souvent entendus.

Ce film a pour ambition d’être diffusé dans les écoles primaires : il raconte l’amour entre 2 petits poissons mâles. Un amour homosexuel. Un amour libre. Un amour sans frontières.

Regardez vite la vidéo, elle a déjà été supprimée sur youtube et dailymotion :

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Donc, montrer l’homosexualité, c’est contaminer la pureté et les rêves des enfants, c’est lui voler son enfance. Être homosexuel(le), c’est ne plus croire au père noël. En gros, c’est une vie ratée, sans conte de fée. Et l’homophobie, on s’en tape.

C’est un de ces moments de ma vie où l’injustice me saisit la gorge.

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Il y a souvent cette question, mais que sont-ils devenus ? Ils ont erré comme ça dans notre mémoire, on les fredonne, on les revoit avec leurs jeans très haut sur les hanches et la chemise en dedans, le jus de fruit éternellement sans alcool à la main et les rires enregistrés en fond sonore.

cafeteria

Ils font partie de mon patrimoine téloche, de ma culture PAF, c’est un peu le générique du 17h30-18h du collège. Hélène, Nicolas, Johanna, Justine, Christophe.. Parce que même si on ne les regardait pas, on tombait toujours dessus et on se laissait porter par ces dialogues mièvres et pudibonds sans trop y regarder. Ils ne mettaient même pas la langue !

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Rien n’est plus exceptionnel qu’un enfant, sinon celui dont vous êtes la mère : celui-ci dépasse les limites du connu, tout comme ses éventuels frères et soeurs. Une loi universelle, liée sans doute à la préservation de l’espèce, veut que comparés aux siens, on trouve toujours les enfants des autres parfaitement ordinaires voire franchement casse-burnes. « En toute OBJECTIVITE, je t’assure ».

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On sait pourtant tous qu’une mère objective, ça s’appelle un biberon.

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Passons sur ce titre calamiteux pour parler de choses sérieuses: mardi, c’est mon anniversaire.
Je ne viendrais pas le claironner comme une nouille si je n’avais pas été interpellée par Pierre-Olivier Carles, bien décidé à aider Charity: water à l’occasion de leur opération « Born in september ».

J’ai découvert une initiative caritative étonnante d’intelligence, d’efficacité, de générosité, de justesse.
Tout est très bien expliqué là (en anglais, mais avec des dessins, t’inquiète):

The story of charity: water - The 2009 September Campaign Trailer from charity: water on Vimeo.

Born in september the 1st, je contribue.
J’ai horreur de réclamer… mais le principe est là!

Pour ceux qui trouvent que mon anniversaire est un très bon prétexte: donnez des sous ici (je vous assure que j’ai assez de sacs à main).
Pour ceux qui préfèrent les vrais blogueurs, notamment avec du poil  : donnez des sous ici
Pour ceux qui se foutent de mon anniversaire ET des French Geeks for Water: donnez des sous ici.

Le résultat étant exactement le même, recevez, chers vous, des cascades de mercis mouillés :)

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René des Musclés, avant d’être René « des Musclés », c’était René de la sensualité, René de la tension érotique, René du saxophone aphrodisiaque, et ça, à l’heure où il disparaît, je voudrais que personne ne l’oublie.

(Parce que vous risquez d’être subjugué par l’extraordinaire scénario du clip, bluffé par la photo, chamboulé par les paroles, transporté par la musique, haletant(e) de désir, un avertissement: retenez un peu vos hormones, restez digne. On est là pour un hommage.)

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On me dit « fais gaffe », « tombe pas dans la caricature », « faut que ce soit drôle quand même, mets-y un peu de ton autodérision, de ton humour ». Et puis y’a le juridique, « tu risques la diffamation, tu peux pas parler de telles choses, c’est grave ».

Et puis on va me dire aussi « oui, mais tu sais, dans ma boîte, une nana, une iranienne, on m’a demandé de la virer parce que, soi-disant, elle ne parle pas bien le Français. On me demande donc de lui confier des missions qui ne sont pas dans ses compétences : elle devient forcément inapte ». Oui, c’est révoltant, c’est incroyable et ça existe pour de vrai.
Dans la vie sur terre, en France, en 2009, des gens se lèvent chaque matin pour aller au boulot, ils prennent leur automobile, bouchonnent sur le trajet, stressent d’arriver en retard et donnent leur meilleur pour l’avenir prospère de l’entreprise.

Et puis on EN parle. On EN parle de ces rumeurs, de ces différences, à la pause café, au coin du sandwich, à l’apéro entre collègues. « Tu sais pas ? mais elle est gouine… oui, oui, elle joue à broute minou ».
Discussion du matin, l’ordinateur s’allume, les mails arrivent. « Ah oui, c’est quoi cette série n’empêche ?? Franchement, à 20h30, je trouve ça choquant de voir 2 hommes s’embrasser ». C’est vrai, c’est moche 2 personnes qui s’aiment.

On m’a demandé plusieurs fois si ma relation avec une femme pouvait me causer des problèmes dans mon job. J’ai toujours répondu non, spontanément. Je me suis trompée.

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A l’heure où les media fêtent les 40ans du plus gros festival de boue et de hippies cul-nul (Woodstock pour les retardataires ayant évité les multiples DVD anniversaires ultra marketés), TF1 célèbre les 20ans des Feux de l’Amour. EN 1989, il n’y a pas eu que la chute du Mur de Berlin, Il y a eu aussi Les Feux de l’amour (abrégé FDA par les addicts).
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« The Young and the Restless » débarque sur nos écrans couleurs avec télécommande à fil le 16 août 1989 sur TF1.

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