Et pour te tirer les cheveux, c’est par courrier?
(Si les jérémiades de blogs de filles vous gonflent, ne lisez pas ce qui va suivre.)

En ce moment je suis comme habitée par une nana en tailleur brushing : agenda au carré, du plaisir à bosser beaucoup, presque 3 légumes par jour, 8 heures de sommeil par nuit et seulement 5 messages ignorés sur mon répondeur, pour un peu je ferais mes rappels de vaccins.
Ce matin, sur ma lancée, je commande du café pour éviter de mourir de pénurie dès la semaine prochaine tout en classant un courrier de la CAF dans le dossier « la CAF » (non, tu mesures pas l’exploit) et je décide de prendre (enfin) un abonnement aux vélos de la ville dont j’ai une station à ma porte. C’est par là que ça a commencé.
« Ohhh merveille, on peut s’abonner en ligne ! Finies les tracasseries bureaucrates! Vive le web! », m’illusionné-je, légère, en dégainant ma mastercard pour allonger les crédits d’avance. En 3 minutes, la TBC (Tram et Bus de la Communauté Urbaine de Bordeaux) m’offre un numéro à moi avec un code secret à moi, qui me permet de prendre un vélo pour mon RDV de tout à l’heure à n’importe quelle station – même si en bas de chez moi ce sera plus pratique.
Je me rêve déjà Paulette en goguette quand je reçois un mail que l’on pourrait appeler de « non confirmation » : votre inscription est en attente de régularisation blabla, veuillez nous renvoyer par courrier avant 12 jours blabla,
formulaire rempli téléchargeable là (ça, ça va),
copie carte identité (ça va encore),
photo d’identité récente (fiente),
autorisation de prélèvement téléchargeable là (erreur 404).
Qu’à cela ne tienne, rien ne me fait PEUR, car je suis une femme à solutions qui ne boit que de l’eau depuis au moins 3 jours. Je profiterai de mon rendez vous de tout à l’heure pour passer chez photomaton, et j’irai directement sur mon petit vélo au guichet de TBC (Tram et Bus gérés par des Cons) afin de remplir l’autorisation de prélèvement inaccessible en ligne.
Et puis pendant que je suis sur la bonne pente, j’en profiterai pour aller à bicyclette dans une agence Orange, afin de régulariser (enfin) ce changement de prélèvement bancaire qui bloque depuis 5 mois, d’appels en courriers et d’incompréhensions en insultes. Je suis une femme neuve qui ne s’énerve plus même quand elle pense au service clients d’Orange. Vraiment neuve, tu vois.
Huit photocopies et un remplissage de formulaire plus tard, je sifflote, mon petit dossier plein de paperasses sous le bras, louchant sur tous ces jolis vélos municipaux flambants neufs qui m’emmèneront cheveux au vent sur les chemins d’une vie meilleure. Borne. Je dégaine le SMS de codes d’accès, d’un glissement guilleret du pouce sur l’écran gras de mon téliphone – parfaitement synchronisé depuis avant-hier avec TOUTES mes boîtes mail, TOUS mes contacts et TOUS mes agendas (à jour).
« Station VCUB momentanément indisponible, veuillez consulter le plan pour trouver la station la plus proche ».
Qu’importe, quand on est femme Barbara Gould, on peut marcher un peu. Je marche un peu agacée parce qu’il faut marcher un peu loin, quand même. A la station suivante, pleine à craquer de beaux vélos, l’écran n’affiche rien. Il faut lever le nez pour voir le scotch jaune et noir « en maintenance » qui barre le plan du réseau. Dans un éclair de professionnalisme, je réfléchis au design de la belle affiche « Avec VCUB, tu l’as dans le CUB » qui pourrait le remplacer. Le tram démarre dans mon dos. Mon rendez vous de tout à l’heure se rapproche, mais pas moi, et je n’ai pas de ticket de tram, puisque j’ai un abonnement vélo. Si j’arrive finalement à l’heure et presque de bonne humeur, c’est donc par la seule force de ma pensée positive, et non de la TBC (Transports de Bourrins Cocufiés).
Commence ensuite la série des belles rencontres de ma journée, d’une banalité à te faire sortir de chez toi un beau matin pour arroser un effectif de crèche au fusil de chasse.
Chez Orange d’abord. La GROSSE agence du centre ville. Elle est brune, cheveux tirés, peau douteuse sous le crépi, beaucoup de gloss et l’œil charbonneux, un avatar high discount des pages modes de Grazia. Non j’ai pas dit pétasse. Pas encore.
- Bonjour, je viens pour vous apporter les pièces justificatives d’un changement bancaire, et…
- Non. On fait pas ça ici.
- Je vous explique. On me renvoie ces pièces par courrier sans explication. J’ai fini par supposer que ça bloque parce que le RIB n’est pas à mon nom de jeune fille comme mon abonnement. Donc je vous apporte ma carte d’identité et je viens pour prouver que c’est moi.
- Ah nous on peut rien faire. Faut appeler. Vous avez appelé ?
- Environ 8 fois. On m’a dit d’envoyer un courrier. J’ai envoyé deux courriers. On me les renvoie.
- Ah ben faut rappeler, faut leur expliquer. Ou alors envoyer un courrier en expliquant. Nous on peut rien faire.
- Mais. MADEMOISELLE. Il y a forcément des gens du service client d’Orange que je peux rencontrer pour leur prouver mon identité ?
- Non, MADAME (la pétasse), je viens de vous dire que tout se faisait par courrier ou par téléphone. Je l’ai fait pour mes parents, ça marche très bien.
- Et vous, vous… ?
- … ? (bovin)
- Vendez des téléphones, donc. Vous prenez bien les RIB pour créer les abonnements, mais après, on se démerde. C’est bien ça, MADEMOISELLE ?
- Ben après c’est par téléphone ou par courrier, MADAME. Non, la sortie, c’est l’autre porte, MADAME.
J’ai dit « pétasse» ? Ah oui, je l’ai dit.
Après deux cigarettes sur 600 mètres de marche (j’ai dit que j’avais pas de vélo ?) j’arrive chez TBC (Tu sais Bien, les Connards). Derrière le guichet, la MEME, ou sa petite soeur. Ca sentait le pâté, mais j’ai voulu rester positive.
- Bonjour, je viens régulariser l’inscription VCUB que j’ai faite ce matin sur Internet parce que…
- Non. On fait pas ça ici. Faut envoyer par courrier.
- Mais vous faites les inscriptions, ici ?
- Oui.
- Alors je vous apporte simplement tous les papiers, vous allez quand même les prendre ? Je me suis déplacée, et ça m’économisera le timbre (sourire positif)
- Non.
- En fait il manque seulement l’autorisation de prélèvement pour la caution, parce que le formulaire ne fonctionnait pas sur internet, alors comment je peux…
- Signalez leur par courrier que ça marchait pas. Ils vous renverront le papier et vous leur renverrez.
- Et je leur signale également que les vélos ne marchent pas ou bien ils sont au courant ?
- Ah non, on est au courant, toutes les stations sont en panne depuis hier.
- Donc ici vous vendez des abonnements pour des vélos qui ne marchent pas, et après on se démerde, c’est bien ça MADEMOISELLE ?
- C’est bien ça, MADAME. Au revoir, MADAME.
Quand je suis arrivée à la station de tram, mon petit dossier plein de paperasses sous le bras, le dernier partait tout juste : évidemment, puisque la TBC (Tu Broutes ma C si tu veux t’abonner) et le monde entier me haissent. J’ai resquillé dans le suivant. En rentrant, au lieu de bosser, j’ai mangé environ 67 pépito en écrivant un billet hargneux, geignard et nombriliste. J’ai refait le plein de retards. Ce soir je bois des bières. Je crois que je retrouve le chemin de l’harmonie. Merci les pétasses.
Les 2 nouilles ont aussi envie de vous dire :

Moi, j’appelle ça « la spirale mouiseuse ».
Des fois, ça dure pas.
Mais des fois, ça dure des années…
C’est la surprise…
Mouahahahaha; vive la marche à pied.
Un mauvais karma peut être ? Moi je ne peux pas acheter de tickets de tram avec ma CB. Ca se met à biper très fort et ça écrit CARTE INVALIDE ! A chaque fois vu comment ça braille, le gens me regardent comme si je l’avais volée à une mamie asthmatique (il y a que celles là que je peux battre à la course).
Parait qu’ils sont au courant à la CUB !
Le vélo n’est pas l’ami de la ville et les pétasses de guichet ne sont pas mes amies…je comprends donc.
Avoir entrepris toutes ces actions de conformité conforme un même jour…Respect.
Allez détends-toi et continue à sourire au photomaton.
Photomaton a dit « attention, ne souriez pas!!! ». J’ai repris mon sérieux juste avant le déclic. J’ai donc une tête de dogue allemand sur les photos en souvenir de cette belle journée
A ta place, je crois que j’aurai fait une demande pour changer de FAI (il y a quand même mieux et moins cher qu’Orange non ?) et direct après je serai allé m’acheter un vélo chez décathlon, histoire d’évacuer la pression par un acte d’achat compulsif !
Fais gaffe à pas trop secouer ta bière avant de l’ouvrir.
c’est pour le téléphone, pas pour le z’internet! finalement ce fut Bénédictine, et humpf…c’est elle qui te secoue…
Pour ta collection on me parle souvent de Tete de bites et de cons.
Ca fait tout de même beaucoup pour une journée ça !!!!
Pour me rendre à mon bureau, j’avais acheté une auto
Une jolie traction avant qui filait comme le vent.
C’était en Juillet 39, je me gonflais comme un b?uf
Dans ma fierté de bourgeois d’avoir une voiture à moi.
Mais vint septembre, et je pars pour la guerre.
Huit mois plus tard, en revenant :
Réquisition de ma onze chevaux légère
« Nein verboten » provisoirement.
Pour me rendre à mon bureau alors j’achète une moto
Un joli vélomoteur faisant du quarante à l’heure.
A cheval sur mon teuf-teuf je me gonflais comme un b?uf
Dans ma fierté de bourgeois de rentrer si vite chez moi.
Elle ne consommait presque pas d’essence
Mais presque pas, c’est encore trop.
Voilà qu’on me retire ma licence
J’ai dû revendre ma moto.
Pour me rendre à mon bureau alors j’achète un vélo
Un très joli tout nickelé avec une chaîne et deux clefs.
Monté sur des pneus tous neufs je me gonflais comme un b?uf
Dans ma fierté de bourgeois d’avoir un vélo à moi.
J’en ai eu coup sur coup une douzaine
On me les volait périodiquement.
Comme chacun d’eux valait le prix d’une Citroën
Je fus ruiné très rapidement.
Pour me rendre à mon bureau alors j’ai pris le métro
Ça ne coûte pas très cher et il y fait chaud l’hiver.
Alma, Iéna et Marb?uf je me gonflais comme un b?uf
Dans ma fierté de bourgeois de rentrer si vite chez moi.
Hélas par économie de lumière
On a fermé bien des stations.
Et puis ce fut, ce fut la ligne tout entière
Qu’on supprima sans rémission.
Pour me rendre à mon bureau j’ai mis deux bons godillots
Et j’ai fait quatre fois par jour le trajet à pied aller-retour.
Les Tuileries, le Pont Neuf je me gonflais comme un b?uf,
Fier de souffrir de mes corps pour un si joli décor.
Hélas, bientôt, je n’aurai plus de godasses,
Le cordonnier ne ressemelle plus.
Mais en homme prudent et perspicace
Pour l’avenir j’ai tout prévu.
Je vais apprendre demain à me tenir sur les mains
J’irai pas très vite bien sûr mais je n’userai plus de chaussures.
Je verrai le monde de bas en haut c’est peut-être plus rigolo.
Je n’y perdrai rien par surcroît:
Il est pas drôle à l’endroit.
Pas cool, MADEMOISELLE.
J’adore la montée en puissance de ton billet – un vrai plaisir
J’aime quand tu râles. Pour le vélo, il ne te reste plus qu’à passer dans la catégorie des propriétaires (un vélo pliant, ça rentre dans un appartement)!
Parce que le monde est une vile mascarade et qu’il s’acharne sur nos pauvres petites âmes, je prône la nonchalance, la procrastination et l’inertie au fond du canapé. Il n’y a que ça de vrai ! Faudrait avoir quelques penchants maso pour se risquer à mettre le nez dehors !
J’aime les râleries coup de gueule comme ça !
@totor: ça n’a duré qu’une journée… une amie m’a dit « on appelle ça une journasse, chérie »!
@misstics:l’abonnement baskets a le mérite d’être simple
@anne: t’es vraiment sûre que tu mets ta carte dans la bonne fente? je te l’ai déjà demandé peut être? Sinon, envoie ta carte bleue par COURRIER, bon sang, c’est pourtant simple.
@benjamin: c’est sûrement pas moi qui serais aussi vulgaire… enfin… je la garde!
@zaz: je CONFIRME!
@mohamed: magique… découvert une chanson géniale de Brassens et une super reprise avec chouette clip grâce à toi! finalement pas perdu ma journée, hop:
Pour me rendre à mon bureau
envoyé par Eklypse.
@labilbe: toi, tu sais parler aux JEUNES FILLES.
@greg: ah, t’as bien senti la montée de mes pulsions meurtrières, alors?
@mélanie: j’ai un vélo pliant dans mon appartement. hélas, pas de pompe à vélo et un pneu avant à plat. oui, je pourrais faire un effort au lieu de râler.
@Lo.: la même amie qui parlait de journasse m’a donné un bon conseil. quand ça commence comme ça, au bout de deux ratages de portes on est certain que ça va continuer, donc on insiste pas, on se RECOUCHE!
Les mots me manquent pour exprimer toute l’admiration que je porte à notre grand serviteur Google !
Chapeau bas mesdames les communicantes !
Oui, merveille de technologie ! C’est en tapant « Vélo et cheveux » que je vous trouve en 4ème page après multitude de soins pour cheveux (dont 1 à la bière svp !), vente de figurines Barbie (à vélo, ça rassure !), l’info du siècle concernant je cite « Le salon de coiffure de la galerie commerciale Mivoix a remis vendredi un vélo à une de ses clientes » (YOUPI, je dormirai mieux cette nuit !)
Je n’ai toujours pas levé mes inquiétudes concernant l’allure de mon brushing, sous notre climat lillois, en cas d’acquisition future d’un vélo. Car à Lille, il pleut, c’est bien connu, mais je cherche à limiter la casse (capillaire).
Morale :
Parfois les requêtes sont farfelues (ou chevelues !) et les réponses de Google, encore plus !
Je vais donc brandir fièrement ma casquette collector Footix 1998 (en forme de peluche bien sûr !) et assumer, car, en France, PERSONNE n’en parle !
(ou peut être que l’Italie me sauvera de mon triste sort pratico-capillaro-fashionien et que leur seigneur google sera plus clément)
Merci les nouilles pour ce moment drôlissimement inattendu.
J’ai pris un grand plaisir à vous lire et c’est déjà pas mal…
Bonjour Emi!
Ton commentaire fait bien entendu très plaisir mais je te demande une chose, JUSTE UNE CHOSE. Si tu trouves quelque part le moyen technique de faire survivre un brushing au vent et à la pluie, REVIENS. Ne me laisse pas comme ça. Cet hiver j’ai opté pour la casquette ou le béret: on range sagement les cheveux en dessous, on pédale avec un petit air mutin et quand on arrive au rendez-vous, on ôte le couvre-chef en secouant doucement la tête et en pensant très fort à Cindy Crawford dans « Elsève longueurs et pointes ». Ca PEUT marcher. L’ennui c’est le budget, parce que j’oublie systématiquement de REMETTRE casquettes et bérets que j’abandonne dans tous les lieux publics. Et comme chaque tour en vélo de ville me coûte déjà un oeil (non, je n’ai toujours pas d’abonnement), ahlalalalalala, je dis « bonjour le budget brushing cheveux et vélo » (bisou à toi google)!
Camille sera drôlement contente d’apprendre notre brillant classement sur cette requête, elle dit souvent que je fais pas ce qu’il faut « pour que google il le lise », comme si c’était un parent astygmate.
Je suis contente de savoir qu’Emi l’a lu ! A bientôt
J’abonde : je suis très fière de ce positionnement en 4ème page de Google sur la requête. Je trouve qu’on devrait le bosser un peu pour être devant Barbie et la galerie marchande.