Qu’est-ce que tu glisses sur la platine ?

On aime bien se mettre devant, on s’y retrouve souvent accroupi à feuilleter les disques, à échanger des regards complices, à s’esclaffer. On danse, on dodeline de la colonne, on fredonne, on a la tête qui penche. La platine, c’est comme un autel en hommage aux vieilles choses. Le son crépite, les pochettes de disques sont toutes écornées, scotchées, jaunies, couvertes d’écritures.

cagette

Quand on écoute un vinyle, on est en 33 tours, en 45 tours : on change de rythme. On regarde le temps passer. Finis les morceaux qui s’enchaînent tout seuls et la liste de lecture de l’ipod : il faut se lever toutes les 3-4 minutes et tourner le disque. Il y a même des instants de silence : ces moments d’entre-deux, ce vide léger et furtif dans lequel naît l’attente du prochain morceau.

On sort le disque de sa pochette, ça sent le vieux papier, on le dépoussière rapidement, on prend le temps de le lire pour choisir la bonne face, on le cale sur la platine, on attrape le bras et on pose la tête de lecture sur le microsillon. Un vinyle est lu pendant qu’on l’écoute. La musique passe. Quelques fois, chez les enfants, il a même été mangé le disque.

Une pochette de vinyle, c’est du petit trésor en barre concentrée. Entre le prénom écrit au bic en haut à gauche pour pas se le faire piquer en boum, l’étiquette de prix orange fluo – en francs – et les posters collectors, une pochette, c’est plein de surprises.

Les pochettes, on peut les regarder sous un angle marketeux :
lionelrichie Là, c’est de la suggestion marketing géolocalisée et ultraciblée : si tu as aimé ce disque, tu aimeras aussi…


JJgoldmanAdeptes de la déclinaison du produit, de la main négligée dans les cheveux et du multisupport (garantit sans DRM), sachez que vous pouvez le trouver AUSSI en Musicassette (ouf)


billyjeanVous avez aimé le single ? Achetez l’album : « The Album » et « The cassette » de Thriller sont disponibles à la vente


direstraitsDécouvrez un moyen très simple pour faire acheter des places de concert de Dire Straits : inscrivez toutes leurs dates de tournée au dos de la pochette !


educationsexuelledos-sexuelCelui-là, c’est un de mes collectors : je pense que c’est un peu l’ancêtre de tous les concepts de micro show à la Star Ac and co : prenez une gamine de 16 ans, montez un argumentaire digne de cul-cul la praline en chef, mélangez les valeurs d’éducation aux valeurs de l’amour et ça vous fait un produit immanquable. Et une mélodie à vous couper les oreilles.


Les pochettes, ça peut aussi être la soirée karaoké rêvée : les paroles sont souvent au dos.
JJgoldman2
astroJean-Jacques Goldman et Astro Boy : faut savoir faire le grand écart musical pour un karaoké qui brille !


Et puis y’a les OPNI : les Objets Pochettes Non Identifiés
stones



Et les pochettes anniversaires : celles où tous vos amis ont écrit des petits mots dessus, des petits mots qui s’effacent doucement avec le temps.
police


Et y’a la petite soeur de Wonder Coquillette qui, un soir au coin du feu, me demande :
- mais, c’est quoi un vinyle ?

Les 2 nouilles ont aussi envie de vous dire :

  1. One minute project : capter le quotidien
  2. The Future is Now : Play
  3. Cow Parade à Bordeaux : ça va faire meuh

13 réponses à to “Qu’est-ce que tu glisses sur la platine ?”

  • Wonder coquillette dit :

    quand j’étais toute petite (je n’étais pas encore wonder), j’ai demandé à mon grand-père comment il faisait pour écouter de la musique quand il n’y avait pas de vinyle… en tous cas c’était l’époque où je connaissais tous les auteurs de mes chansons préférées, et pas effectivement comme sur mon super ipod 16Go pleins de titres téléchargés (il)légalement et qui m’affiche « artiste inconnu ».

  • Jungle Ju dit :

    Je suis jalouse, mais alors à jalouse à point du 45 tours de « Recherche Susan désespérément ». Je le guette désespérément.

    Par contre Jean Leloup et la sale affaire, je l’ai déjà.

  • Lydia dit :

    Plonger la tête dans les boîtes remplies de vinyls c’est effectivement comme plonger dans la boîte aux trésors… Ah oui ! J’me souviens…. Un disque, un souvenir…. Je kiff et je Surkiff :=)

  • Muad dit :

    L’OPNI des Stones est assez merveilleux, je dois dire… comme ton texte qui doit évoquer plein de choses aux trentenaires ! C’est vrai que c’était bien les vinyls…encombrant, mais bien :)

    ( Sinon j’ai un 45T de la musique du générique de X-Or, si ça intéresse un malade mental … )

  • michel23 dit :

    Attention, minute scientifique : Une expérience avec des oiseaux (dont j’ai oublié l’espèce mais là n’est pas le propos). On a enregistré le son du chant nuptial du mâle, on l’a ensuite transposé sur un vinyle et numériser d’autre part. On passe ensuite le chant à la femelle. Au final la femelle n’a réagi que sur l’enregistrement vinyle… Outre les souvenirs et la beauté de l’objet, le vinyle c’est aussi la restitution totale de la vibration sonore (sans échantillonnage de fréquences nécessaire à la transposition numérique), ce qui permet d’écouter de la musique avec son cerveau mais aussi avec tout son corps comme lors d’un concert…

  • meline dit :

    Et tout à coup, cette petite envie de m’asseoir dans vot’ salon, de sortir tous ces objets de bonheur de leurs caisses par grosses piles, de les faire glisser les uns sur les autres comme des cartes à jouer, de trouver mon ptit préféré, de voir cette lassitude en forme de « ho non, pas encore » se peindre dans le sourire de Wonder coquillette… et de chanter, avec Julie, cet hymne éternel à l’amour pas compliqué.

    A l’époque, Guy Lux voulait vérifier si elle « faisait le trou ». Moi j’dis oui.


    Julie Bataille – Pas Besoin D'Education Sexuelle
    envoyé par le-pere-de-colombe. – Regardez plus de clips, en HD !

  • Muad dit :

    En effet, le vinyl rendait le son d’une maniere que le numerique ne peux et ne pourra jamais rendre…le son était le plus pur possible, le numérique ne fait qu’imiter ce son. Comme dit Michel23, le numérique s’écoute avec les oreilles, le vinyl s’écoute avec le corps entier, y compris par la peau. Encore un progrès qui fait régresser …
    @Camille : pas de soucis, ça fait un moment que je cherche une place pour ce disque, et en fait, bin, je sais pas quoi en faire, ça m’a fait marrer de l’acheter, mais bon, j’ai pas de platine…heu…je te l’envoie par mail ? :) )

  • Totor dit :

    Au sujet des « OPNI : les Objets Pochettes Non Identifiés », je vous conseille de faire un petit tour au CAPC à Bordeaux.
    Il y en a tout un mur dans la « salle d’attente » (je sais pas trop comment qualifier cet espace) en entrant au fond à droit; c’est excellent.
    Et pas besoin de payer le ticket d’entrée, c’est gratos!!!

  • Totor dit :

    Bon eh ben, ça fait des mois que les OPNI sont accrochés au CAPC et il suffit que je trouve une bonne occasion d’en causer pour qu’ils disparaissent…
    C’est trop couillon…

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