La main Perrier dans le caleçon des fils de pub
Oh, dis t’as vu le « fail » de la campagne buzz de Perrier ce matin? Ah non? Et tu comprends pas ma phrase? Sans doute que tu bosses pas dans la pub. Sans doute que t’es pas sur Twitter. Sans doute que t’es pas dans la cible. Réjouis-toi: sans doute qu’on te prend pas directement pour un con, on attend que les « influenceurs » s’en chargent.
Les faits: ce matin il faut avoir vu cette vidéo Perrier parce qu’il y aurait du « racisme » dedans. Si si, à la 17 ème seconde, ça dit « trop exotique »:
Après avoir suivi le mouvement, levé les sourcils et relayé le lien, en bon mouton de petite échelle, je fais tilt. Une bêtise aussi grossière, ça me gratouille. D’autant que pour comprendre cette vidéo sortie de son contexte, il faut partager certaines références. On tient là un cas d’école de campagne de « buzz » orchestrée à grosses ficelles à destination des pubo-pubards. Petite explication de texte.
La nouvelle campagne « La main Perrier » joue à fond la carte du sexy (tu penses, c’est so tendance): sur le site on trouve tout un tas de petits spots et goodies rigolos, dont la star est une jolie main de femme qui fait des choses à une bouteille de Perrier, guiliguili. Comment ça, t’as pas compris le rapport avec ton Perrier-tranche? Pffff. Faut tout te dire. La campagne capitalise sur un vieux spot télé connu surtout des « enfants de la pub » pour avoir été censuré en 1976. Dans le site, la marque ne prend même pas la peine d’en rappeler l’existence, première preuve qu’elle s’adresse à des « initiés », façon « clin d’oeil ». Le spot faisait comme ça:
Et le coup du casting? Pauvre de toi si tu l’as pas saisie, la référence, espèce de pubinculte. Mais enfin. Vache qui rit, 1984!
Et le « trop exotique », alors? Ca te rappelle rien? Décidément faut tout te dire… « Un peu trop d’africanité, pas assez de francité », c’est une réplique CULTE d’une scène CULTE du CULTISSIME « 99 Francs » de Jan Kounen, qui dénonce entre autres l’hypocrisie des castings pub et leur racisme avoué au nom de l’identification du consommateur. Encore une référence dont les pubards de tout poil feront leur miel… Tchic-tchic « clin d’oeil » les amis, on est entre nous, on se comprend, t’es génial, j’adore ce que tu fais.
Seulement c’est là que le bât blesse: sortie de son contexte, la réplique « trop exotique » n’est ni drôle, ni tolérable. Voilà donc notre public choisi qui s’agace et crie au « FAIL » raciste, en bon petit soldat, popularisant tranquillement l’adresse du site et de la vidéo incriminée. Il fallait une aspérité pour que la campagne fasse parler d’elle entre gens de bonne compagnie. Il fallait un point de polémique pour « faire le buzz ». Ca va faire bloguer. La preuve. Bravo Perrier.
Les 2 nouilles ont aussi envie de vous dire :

Oh la vache, je suis née après 1976 et je n’avais jamais entendu parler de cette histoire de main.. Les allusions exotiques me font pas rire, je dois pas avoir le même sens de l’humour..
Jolie prose, j’avais relevé le trop exotique et j’avais aussi pensé à 99 francs.
Mais je me suis surtout dit que ça devait s’entendre dans le contexte de 1976 où ce type de phrase malheureuse pouvait semblait plus « normal ». Et là, on serait plus dans la référence sociétale que dans le gros clin d’œil de pubard à pubard. Mais c’est peut-être aller trop loin dans la réflexion.
Anyway, j’adore c’que tu fais.
Anyway j’adore c’que tu fais, moi aussi, parce que tu le fais bien. That’s why, tu voâ… C’était genre un peu un clin d’oeil j’ai envie de dire… embrassons-nous.
Le problème c’est qu’aujourd’hui on ne peut plus rien dire sans être taxé de raciste ! Je ne trouve pas ça pire que de dire trop bancal (pas sympa pour les infirmes) trop travesti… Faut pas charier… Non j’me trompe ? L politiquement correct fini vraiment par être très très chiant et je ne parle pas que de la pub (qui ne m’interesse pas vraiment (non du tout)
Je crois bien que la phrase en elle même, je n’en pense rien… sinon qu’elle me semble calibrée pour faire parler. Et si encore c’était drôle… C’est juste « TROP MOU » (au risque de heurter le lobby des impuissants)!
Je ne boirai jamais plus le perrier au goulot !