Blog Action Day : Je ne need pas Areva
Je suis une écologiste pratiquante, je trie mes déchets, je me prends la tête au supermarché pour savoir s’il faut acheter un yaourt dans un emballage plastique ou en verre (je vous donne la réponse : c’est le verre car entièrement recyclable), je déteste imprimer un document, je suis une locavore convaincue (vive le brebis basque, et tant pis pour mon camembert natal), je me déplace à vélo le plus possible, bref, je vais bientôt prêcher pour la décroissance.
Aujourd’hui, c’est le rendez-vous annuel du changement, le « Blog action Day », le jour où les blogueurs du monde entier sont appelés à se mobiliser pour une cause. Pour cette édition 2009, c’est le climat. Un sujet qui ne peut que m’intéresser ! Copenhague est en vue, le Titanic de Hulot est dans les salles, la journée 350 a lieu dans quelques jours : j’espère bien qu’on va prendre des décisions, passer à l’action et que la politique va me surprendre.
Depuis hier je me demande de quoi je vais bien pouvoir parler pour cette journée d’actions. J’ai pensé à Bizi! (« vivre !» en basque), le nouveau collectif basque altermondialiste qui s’active beaucoup ces derniers temps vers chez moi.
J’ai aussi pensé à autocool, le service d’auto partage de Bordeaux, une solution plus que pertinente selon moi.
J’ai découvert la journée 350 : le 24 octobre prochain, plusieurs milliers de citoyens issus de 157 pays organisent des manifestations pour le climat. Une vaste manifestation entre prise de conscience, sentiment d’urgence, propositions de solutions et besoin d’actions. N’hésitez pas à consulter les rendez-vous dans votre ville
Et puis comme d’habitude, en plein milieu de la rédaction, je vais bouiner sur la toile, glaner 2-3 liens au hasard. Je vais sur twitter pour voir les sujets traités à l’occasion de cette journée spéciale. Je file le hashtag #blogactionday. Et là, je tombe sur un twitt de Areva, notre cher fournisseur en énergie nucléaire avec son pote EDF. Et c’est à ce moment que mon billet prend une autre tournure.
AREVAinc Blog Action Day: Just added our post for today – « Climate Change is a Reality » http://is.gd/4kV8V #nuclear #bad09
Je lis le post, curieuse. Je cite :
We must use alternatives to fossil fuels, with low CO2 emissions, whenever possible to ensure a balanced and reliable energy mix. We need nuclear energy and hydropower for mass electricity, renewable energies such as wind and sun as make up sources, but also electricity savings notably through more efficient transmission and distribution systems to bring answers to meet the 21st century’s greatest challenges: providing access to energy for all and preserving our planet for future generations.
De suite, je préfère vous dire que j’ai vu le documentaire de mardi soir sur Arte « Déchets, le cauchemar du nucléaire ». C’est un de ces documentaires qui glace la colonne, qui révolte, qui indigne, qui écœure. Et c’est aussi un de ces moments où je conclus assez vulgairement par un « putain, j’ferai jamais un gosse ». Malheureusement, il n’est pas disponible en VOD, seulement en DVD pour l’instant (le documentaire hein, pas le gosse).
Déchets, le cauchemar du nucléaire
Bande Annonce
J’ai compris plusieurs choses (ce n’est qu’un extrait) :
les déchets mettent plusieurs milliers (voire centaines de milliers) d’années à se dégrader (mais c’est pas sûre vu qu’on n’est jamais arrivé au bout d’un cycle),
les scientifiques font confiance à la science et à ses découvertes futures pour le traitement hypothétiques des déchets,
des centaines de bidons de déchets sont déversés dans la Manche depuis La Hague,
Greenpeace a filmé des bidons éventrés dans la Manche avec des poissons qui nagent autour (genre, on ne sait pas où sont passées les formidables substances),
les politiques n’y connaissent rien (Sarko comme Sego ont raconté inepties sur inepties lors du grand débat présidentiel),
des villages russes sont contaminés pour des milliers d’années mais ne sont pas évacués,
des poubelles nucléaires existent à ciel ouvert en Russie.
En gros personne ne sait quoi faire de tous ces déchets. La France a décidé de les stocker mais ne sait pas les traiter. La Hague est un des lieux les plus nucléarisés du monde. Le documentaire explique donc qu’il n’existe pas de solution de recyclage ou de traitement (peu importe les nuances de vocabulaire qu’utilisent les pros de la comm’ d’Areva) des déchets nucléaires.
La dernière idée française : enterrer les déchets dans des profondeurs géologiques colossales, les laisser pour des centaines d’années (un calcul entre 700 et 1 000 ans). Et puis on verra bien. «Faisons confiance » comme dit un des hauts responsables. Aucune solution de mémoire fiable n’est proposée pour signaler aux générations futures l’existence de ce stockage souterrain (6 000 générations vont se succéder). Hubert Reeves conclut ce documentaire avec une question rhétorique : quel régime est capable de garantir les 1 000 prochaines années ? Alors à qui sont légués ces déchets ?
Alors, mon action day, c’est de dire que je ne need ni Areva, ni ses déchets, ni son nucléaire. J’aimerais vraiment que Copenhague change les choses.
Méline, encore une protestation, boudiou, on va s’en sortir de tout ça ??
Les 2 nouilles ont aussi envie de vous dire :
je précise que Camille a dit « pas d’enfant ou alors il faut l’éduquer à être militant »
et si, c’était ça la solution? compter sur nous même plus que sur le sommet de Copenhague? et oui c’est bien les consommateurs, dans notre société de consommation, qui ont le pouvoir de changer les choses…
Une idée toute conne, comme ça, qui me vient en pensant à nos amis frontaliers suisses qui déversent leurs déchets en France : pourquoi ne pas balancer nos déchets nucléaires dans l’espace ? Ou encore pire : pourquoi ne pas les stocker sur la lune, si on considère que la science pourra éventuellement un jour les traiter et les rendre ré-utilisables ?
c’est clair que quand j’entends dire que le nucléaire est l’énergie la plus propre, ça me fait pas mal marrer…
« Déchets: le cauchemar du nucléaire » est disponible en VOD et en DVD:
http://www.artevod.com/detailF.....cheId=4672
http://www.arteboutique.fr
La vraie question pour ceux qui veulent regarder ce sujet sans a priori et dans un esprit de responsabilité, c’est : est-ce que le stockage géologique en couches profondes dans l’argile est nécessaire et est sûr ? Je crois alors que la réponse est sans ambiguïté positive et qu’il s’agit bien de la meilleure solution. Le stockage géologique en couches profondes est une option retenue après de nombreuses années de réflexion et d’études par de nombreux pays, et qui est désormais mise en œuvre en Suède et en Finlande.