Qui vient en Italie conquiert l’italianitude
La Farfalle, toujours fidèle au poste! Seulement deux semaines à Rome et déjà 4m3 de mégots sur la place Saint-Pierre. C’est un bonheur. T’imagines pas.
Seulement deux semaines et déjà des crampes aux joues. Bah oui. Quand tu comprends pas ce qu’on te raconte, tu regardes le carrelage et tu souris. Mais pas trop, on ne sait jamais. Le sourire doit être aussi bien valable pour une blague foireuse que pour l’annonce d’un décès. Je sais, c’est périlleux comme job. Mais que veux-tu, j’suis comme ça. Déjà, quand j’étais petit, je falsifiais mes bulletins sous Paint. Et puis viendra le moment où je rirai au bon moment. En attendant, mes colocataires ne se doutent de rien alors je compte sur votre discrétion. Merci d’avance.
Aujourd’hui, nous allons réfléchir sur le concept d’italianitude. Deux points, à la ligne. Qu’est-ce que l’italianitude? Je te vois venir, petit chenapan. Détrompe-toi. Ne devient pas italien qui veut. Nan. Et pas la peine de dégainer ta Vespa, tes Ray Ban et ton marcel immaculé. L’italianitude (de l’italien italianitudine)(comme La Solitudine featuring Laura Pausini)(d’ailleurs va falloir que j’en parle de celle-là), tu l’acquiers avec le temps et de la confiance dans ta démarche.
Essai #1 : À la sortie du métro Ottaviano, on t’accoste en anglais pour faire une visite guidée de la Chapelle Sixtine. Là, y’a pas italianitude. Dès le premier eye contact, le mec a repéré tes gambinettes flageoler, ton pouls s’accélérer et ta face se décomposer. No way. No italianitude. In the ass Jonas.
Essai #2 : De ton italien le plus sophistiqué (genre t’as préparé ta phrase ¾ d’heures à l’avance), tu commandes un sandwich au poulet devant le Castel Sant’Angelo. La vendeuse te rend la monnaie en français. Là, t’es grillé jusqu’à la moelle osseuse. Tu pues le touriste jusqu’à Pékin. This is an epic italianitude fail.
Essai #3 : Un groupe de trois Italiens t’accoste pour savoir à quel arrêt descendre pour le Colisée. Là, y’a italianitude in your mind. Ton pas de renard professionnel a fait l’effet d’une fleur au printemps de sa vie, ton aura devient aussi irrésistible qu’un steak-frites sur Koh Lanta et tes lunettes camouflent ton taux de non-autochtonité. T’es des leurs. Farfalles do it better.
Note pour réussir le test d’italianitude : éviter tout plan, Guide du Routard et autres casquettes I ♥ Roma. C’est comme ça. On discute pas. Cette liste est non exhaustive : dictionnaires bilingues, appareils photo et paires de Crocs sont également proscrits. Pour plus d’informations, consulter les Archives du Centre de l’Italianitude ouvert aussi souvent que jamais, un peu comme toutes les administrations italiennes.
C’était La Farfalle, votre envoyé spécial à Rome. Un peu de pesto dans ce monde de brutes.
Les 2 nouilles ont aussi envie de vous dire :

Cher docteur Farfalle,
Je ne sais que chanter Ricchi e Poveri: est-ce que « Sara Perche Ti Amo » peut permettre une percée dans l’italianitude ou c’est mise à mort à la romaine façon Caligula?
Chère Méline,
Ta question est très intéressante. Il est vrai qu’en Italie, ton corps change. Il se met alors à libérer des hormones qui te convaincront d’acheter ton premier faux sac Prada. Alors, tu commenceras à incruster tes jeans de strass multicolores. Ces événements peuvent être un peu paniquants mais ne t’inquiète pas, c’est tout à fait normal. Tu es sur la bonne voie!