Mon soutien-gorge s’enlève à l’eau
Tout a commencé sur Facebook par le message d’un ami (de ceux que je croise surtout sur Facebook, voyez), qui m’invitait à passer mon week-end à me faire peinturlurer les nichons dans le cadre d’un happening artistique. Vaguement flattée, je décline, arguant poliment du peu de surface qu’offre ma région mammaire à l’Art, tout Body soit-il.
Parce que j’avoue, sur le coup, j’ai entendu une voix qui disait « cendriers en rotin » et « regarde, elle cligne de l’oeil, touk touk »… On a les références qu’on peut. (Faites pas vos mijaurées, vous vous en souvenez aussi, et non, j’ai pas trouvé la vidéo)

Body Painting de tradition française.
J’ai trouvé l’initiative assez marrante, passé un peu de temps à suivre leur projet, (qui change quand même du soutif à fleurs) et en cherchant autour, j’ai découvert: 1- que c’est pas neuf / 2- qu’il y a plusieurs écoles / 3- que c’est tendance, on dirait …
C’est pas neuf
Le corps est sans doute le premier support de l’art : les sociétés tribales de tous les continents ont pratiqué la peinture corporelle plus ou moins éphémère, de façon identitaire ou rituelle… mais pas artistique au sens où on l’entend aujoud’hui: il ne s’agissait pas encore de créer une oeuvre unique, mais d’être esthétique dans le cadre d’une coutume codifiée.
Restent les tatouages au henné du Maghreb, les maquillages Kabuki du théâtre japonais, les tatouages traditionnels des Maoris… J’arrête de la ramener, vous avez compris l’idée?
Il y a plusieurs écoles
Le Body Painting, c’est l’art de l’éphémère sur corps humain, une sous-discipline soft du Body Art, qui comprend tatouages, peircings et autres scarifications. La distinction compte, parce que dans le Body Painting l’artiste compte plus que le modèle, devenu un simple support…(D’ailleurs t’as vu, elle cligne de l’oeil). Et comme dans le painting tout court, y’a des grandes expos. Des chefs d’oeuvre. Et des… comment dire… trucs, machins, choses qui font beaucoup moins envie. Des horreurs.
C’est tendance, on dirait
Parce que le street art s’en est emparé il y a déjà quelques années… en témoigne depuis 2005 la démarche de Tilt, grapheur français plutôt d’la hype, avec ses fetish bubblegirls: il aborde de jolies inconnues un peu partout dans le monde et leur offre ses services à même la peau avant de tagger leur prénom à même les murs. Des aventures porno soft entre adultes consentants : ces demoiselles s’amusent, l’artiste se régale et dit lui même avoir essuyé très peu de refus. Faut dire qu’il est plutôt beau gosse. (Serais-je coincée du boule, en fait???)

Melissa...

...Jolie étudiante suisse
Je ne peux pas vous affirmer que c’est lui qui a lancé la tendance (d’ailleurs le petit malin capable de dire qui lance une tendance, je lui paye un dej quand il veut), mais l’idée fait des petits, au moins au Canada et aux Etats-Unis. De Los Angeles à Toronto, ça graphe sévère de nichons en popotins. Pour suivre les événements, admirer les oeuvres, voire s’inscrire aux contests et se lancer, RDV sur Shriiimp, the worldwidewebsite du tag post épilatoire (c’est sous le haut patronage de GraffitiArt magazine, tu peux donc y aller sans risquer le underground faux-pas).
Si tu es un jeune homme, genre grapheux arty ou photographe trashy, et que t’aimes plutôt les jolies filles à poil, il est temps de t’y mettre. A moins qu’il ne soit déjà trop tard.
Si tu es une jeune fille, genre bien roulée, à la pudeur très intérieure, et que t’aimes bien les soirées vodka champagne qui finissent à poil avec des grapheux arty et des photographes trashy, à mon avis, tu l’as déjà fait.
(Reste un exemple de body painting sensualo sexy intello littéraire auquel je me plierais plus volontiers :
Je suis définitivement snob. Ou coincée du boule?)
Les 2 nouilles ont aussi envie de vous dire :


J’ai cherché pour la vidéo, je trouve pas non plus, arrrgh !
Euh, c’est quoi être « coincée du boule » ?? (c’est un mot loin de mon vocabulaire et vu mes compétences adverbiales, je suis un peu paumée..)
Merci pour l’évocation de « Pillow Book », je crois me rappeler que j’avais beaucoup aimé ce film. J’y retourne donc !
Je crois que je suis capable de dire qui lance une tendance.
Je me lance : QUI LAnce Une T E N DANCE !?!
Un peu théâtral, c’est vrai. Mais, pour un dej, hein…
Je l’ai entendu si fort que j’en ai dansé…va pour le dej avec grand plaisir, et ce sera pour moi! Première semaine de juin?
On a surtout les références qu’on mérite :p
[...] à s’approprier cette barre (genre, c’est la tendance du moment dans les salles de gym, c’est comme ça aussi qu’on lance une tendance, en faisant croire que ça l’est) : c’est en effet idéal pour l’aérobie et [...]